Français

Maël Salètes et Mélanie Virot faisaient à peu près le même métier quand ils se sont rencontrés. Ils pinçaient des cordes. Pas les mêmes et différemment. Elle jouait de la harpe depuis l’âge de huit ans. Parcours classique, conservatoire, musique de chambre. Lui tâtait de la guitare électrique depuis un premier groupe rock tendance grunge, MacZde Carpate, suivi de quelques autres, dont Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp.

Les voici à l’été 2008, chacun désœuvré, cherchant l’inhabituel. Un son. Harpe et guitare ensemble. Electrifiées l’une et l’autre. Il a fallu essayer, tâtonner, mettre au point. La combinaison n’allait pas de soi. L’Etrangleuse (nom trouvé dans l’urgence avant le premier concert) a inventé sa matière. Avec des idées neuves dans la distribution des rôles. Réputée douce et cristalline, la harpe de Mélanie Virot pouvait se faire incisive, abrasive ou dissonante. Et la guitare de Maël Salètes prendre à l’inverse une posture moins punk, plus tournée vers la transe africaine des musiques malienne ou mandingue.

Ni strictement rock, world ou folk, le son de L’Etrangleuse a jeté des passerelles. Un premier album en a donné le manifeste, avec en sus leurs voix pour accompagner les instruments : chant plus que chanson, filant des mots dans la trame des cordes, entretenant la tension, suggérant des atmosphères.

En mettant leur singulier édifice au péril de la scène, le duo s’est forgé un savoir-faire dont les limites sont repoussées par ce nouvel album, Memories to Come. Avancer sur le même fil, gagner en maîtrise et s’aventurer. Tout cela sous l’oreille avisée du producteur anglais John Parish (PJ Harvey, Eels, Dominique A, entre autres). Il est question de bruit et de silence, de dérive et d’enfermement, d’identité (Who we are). Harpe et guitare : alliance de fortune, contrainte créatrice, et défi permanent. L’Etrangleuse veut maintenant porter en public et partout son goût partagé du jeu, cordes mêlées, se répondant, incitant l’autre à sonner fort et mieux, ensemble.

English

Maël Salètes and Mélanie Virot were doing pretty much the same thing when they met. They plucked strings. Not the same ones and also differently. She has played the harp since she was eight years old, the classic path, conservatory, chamber music. He first twanged an electric guitar with the grunge rock band, MacZde Carpate, followed by a few others, including Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp.

Here they are in the summer of 2008, each at a loose end, looking for the unusual. A sound. Harp and guitar together, both electrified. They had to try, fumble, develop. The combination wasn’t a sure thing. L’Etrangleuse (a name found at the last minute before the first gig) invented its material. With new ideas about the distribution of roles. Known to be soft and crystalline, Melanie Virot’s harp can be incisive, abrasive or dissonant. And Mäel Salètes’ guitar inversely takes a position that is less punk, more towards the African trance of Malian & Mandingo music.

Neither rock, world or folk, the sound of L’Etrangleuse has built bridges. The first album laid down the manifesto, with the addition of their voices accompanying the instruments, singing rather than songs, spinning words in the weft of the strings, holding the tension, suggesting atmospheres.

In testing their singular edifice in the crucible of the stage, the duo has forged an expertise whose limits are stretched by the new album ‘Memories To Come’. Advancing along the same tightrope, succeeding, mastering and venturing further. All of which was guided by the ear of the English producer John Parish (PJ Harvey, Eels, Dominique A, among others). It’s a question of noise and silence, of wandering and confinement, of identity (Who we are). Harp and guitar : a makeshift alliance, creative constraints and a constant challenge. L’Etrangleuse would now like to share its taste in playing in public and everywhere else. Mixed strings, responding, inciting the other to sound loud and better, together.